Dans certaines communes françaises, la majorité des logements n'est habitée qu'une partie de l'année. Le phénomène concerne surtout le littoral et la montagne, où la pression touristique a façonné un parc immobilier dominé par les volets clos hors saison. Sur la base des données INSEE, et en se limitant aux communes de plus de 5 000 habitants, voici les villes où la résidence secondaire est devenue la norme plutôt que l'exception.
Le Grau-du-Roi en tête
Avec 79,7 % de résidences secondaires, Le Grau-du-Roi (Gard, 8 513 habitants) occupe la première place du classement. Quatre logements sur cinq y appartiennent à des propriétaires non résidents. La station camarguaise devance de peu Gruissan dans l'Aude (78,9 %, 5 068 habitants) et Le Barcarès dans les Pyrénées-Orientales (77,2 %, 6 203 habitants). Trois communes du littoral méditerranéen occupent donc le podium, toutes au-dessus des 77 %.
Juste derrière, La Grande-Motte (Hérault) affiche 73,9 % de résidences secondaires pour 8 508 habitants. Construite ex nihilo dans les années 1960 dans le cadre de la mission Racine, la ville aux pyramides incarne ce modèle d'urbanisme touristique pensé dès l'origine pour accueillir des vacanciers.

La montagne suit de près
Les stations alpines tiennent leur rang. Bourg-Saint-Maurice (Savoie, 7 228 habitants), porte d'entrée des Arcs, compte 71,8 % de résidences secondaires. Chamonix-Mont-Blanc et ses 8 673 habitants atteignent 69,3 %, et Saint-Gervais-les-Bains (5 678 habitants) 68,2 %. Trois communes haut-savoyardes ou savoyardes où l'immobilier de villégiature pèse autant que sur la côte.
Côte d'Azur et Atlantique
Le Var place plusieurs représentants. Le Lavandou grimpe à 71,2 % (6 431 habitants), Cavalaire-sur-Mer à 67,3 %, Bormes-les-Mimosas à 61,4 % et Bandol à 59,9 %. Sur la façade atlantique, Lacanau en Gironde culmine à 71,0 % avec 5 389 habitants, suivie par plusieurs communes vendéennes : Bretignolles-sur-Mer (66,9 %), Saint-Jean-de-Monts (66,5 %) et Saint-Hilaire-de-Riez (60,9 %).
Particularité notable, certaines communes du classement dépassent largement les 10 000 habitants tout en conservant une majorité de résidences secondaires. C'est le cas d'Agde (29 612 habitants, 66,5 %), La Baule-Escoublac (16 613 habitants, 58,7 %), Saint-Hilaire-de-Riez (12 923 habitants), Saint-Cyprien (11 995 habitants, 62,3 %) et Arcachon (10 895 habitants, 62,2 %).
Classement des villes avec le plus de résidences secondaires en France
| Rang | Commune | Dép. | Part rés. secondaires | Population |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Le Grau-du-Roi | 30 | 79,7 % | 8 513 |
| 2 | Gruissan | 11 | 78,9 % | 5 068 |
| 3 | Le Barcarès | 66 | 77,2 % | 6 203 |
| 4 | La Grande-Motte | 34 | 73,9 % | 8 508 |
| 5 | Bourg-Saint-Maurice | 73 | 71,8 % | 7 228 |
| 6 | Le Lavandou | 83 | 71,2 % | 6 431 |
| 7 | Lacanau | 33 | 71,0 % | 5 389 |
| 8 | Chamonix-Mont-Blanc | 74 | 69,3 % | 8 673 |
| 9 | Saint-Gervais-les-Bains | 74 | 68,2 % | 5 678 |
| 10 | Cavalaire-sur-Mer | 83 | 67,3 % | 7 895 |
| 11 | Bretignolles-sur-Mer | 85 | 66,9 % | 5 139 |
| 12 | Saint-Georges-de-Didonne | 17 | 66,7 % | 5 093 |
| 13 | Agde | 34 | 66,5 % | 29 612 |
| 14 | Saint-Jean-de-Monts | 85 | 66,5 % | 8 809 |
| 15 | Lège-Cap-Ferret | 33 | 64,8 % | 8 051 |
| 16 | Saint-Cyprien | 66 | 62,3 % | 11 995 |
| 17 | Arcachon | 33 | 62,2 % | 10 895 |
| 18 | Bormes-les-Mimosas | 83 | 61,4 % | 8 361 |
| 19 | Argelès-sur-Mer | 66 | 61,3 % | 10 779 |
| 20 | Saint-Hilaire-de-Riez | 85 | 60,9 % | 12 923 |
| 21 | Marseillan | 34 | 60,8 % | 8 047 |
| 22 | Bandol | 83 | 59,9 % | 8 263 |
| 23 | Cucq | 62 | 59,3 % | 5 165 |
| 24 | La Baule-Escoublac | 44 | 58,7 % | 16 613 |
| 25 | Sarzeau | 56 | 57,7 % | 9 068 |
Ce que dit le classement
Le top 25 dessine une géographie limpide. Le pourtour méditerranéen rafle la mise avec une quinzaine de communes (Hérault, Aude, Gard, Pyrénées-Orientales, Var), suivi par la façade atlantique (Vendée, Charente-Maritime, Gironde) et les Alpes. Entre la première place du Grau-du-Roi à 79,7 % et la 25e de Sarzeau à 57,7 %, l'écart est de 22 points, mais toutes ces communes partagent un point commun : plus d'un logement sur deux y est une résidence secondaire.
Le seuil retenu (5 000 habitants) écarte de fait des villages encore plus déséquilibrés, où la proportion peut dépasser 90 %. À l'autre extrémité, les grandes métropoles affichent généralement moins de 5 % de résidences secondaires, l'exception parisienne mise à part.
Source : INSEE, recensement de la population (logements par catégorie). Périmètre : communes françaises de plus de 5 000 habitants.
Méthodologie : ce classement porte sur le périmètre « France » et ne retient que les communes de plus de 5 000 habitants (ce seuil influence le classement : il écarte les très petites communes dont les chiffres seraient peu représentatifs). Données : INSEE.