Le phénomène est connu mais souvent sous-estimé. Les argiles gonflent quand elles absorbent de l'eau et se rétractent lors des sécheresses, ce qui fait travailler les fondations des maisons et peut provoquer des fissures. Depuis 1989, la sécheresse représente le deuxième poste d'indemnisation au titre des catastrophes naturelles en France. Notre classement, restreint aux communes de plus de 50 000 habitants, met en lumière les grandes villes où ce risque est le plus marqué.
Bordeaux en tête du risque de fissures
Bordeaux arrive en tête avec un score de 98/100. La totalité des maisons de la ville (100 %) reposent sur un sol argileux d'aléa moyen ou fort, soit 34 172 maisons exposées. La commune a par ailleurs été concernée par 22 arrêtés de catastrophe naturelle sécheresse depuis 1989, l'un des totaux les plus élevés du classement. Avec un prix moyen de 5 188 €/m² pour une maison, le patrimoine bâti exposé y est particulièrement significatif.
Ex aequo au score, Fontenay-sous-Bois présente une configuration très différente : 52 646 habitants seulement, 5 622 maisons exposées, mais un prix au m² qui grimpe à 7 494 €/m², le plus élevé du top 15. Dans le Val-de-Marne, la moindre fissure pèse lourd sur la valeur du bien.
Classement des villes au risque de fissures le plus élevé
Le score est un indicateur Villes-en-France combinant l'exposition des maisons aux argiles (60 points), l'ancienneté des maisons exposées (15 points) et le nombre d'arrêtés sécheresse (25 points).
| Rang | Ville | Score /100 | Prix m² maison | Part argile (aléa moyen/fort) | Maisons exposées | Arrêtés sécheresse |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Bordeaux (33) | 98 | 5 188 € | 100,0 % | 34 172 | 22 |
| 2 | Fontenay-sous-Bois (94) | 98 | 7 494 € | 100,0 % | 5 622 | 8 |
| 3 | Tours (37) | 97 | 3 368 € | 99,3 % | 16 407 | 13 |
| 4 | Montreuil (93) | 97 | 6 667 € | 99,6 % | 7 836 | 9 |
| 5 | Bondy (93) | 96 | 3 698 € | 100,0 % | 5 954 | 6 |
| 6 | Champigny-sur-Marne (94) | 96 | 4 710 € | 100,0 % | 10 118 | 8 |
| 7 | Toulouse (31) | 95 | 3 814 € | 99,1 % | 42 602 | 23 |
| 8 | Albi (81) | 95 | 2 051 € | 100,0 % | 15 137 | 15 |
| 9 | Poitiers (86) | 95 | 2 073 € | 99,7 % | 15 481 | 13 |
| 10 | Chelles (77) | 94 | 3 849 € | 100,0 % | 10 170 | 12 |
| 11 | Nice (06) | 94 | 6 147 € | 99,7 % | 12 423 | 6 |
| 12 | Noisy-le-Grand (93) | 94 | 4 700 € | 100,0 % | 7 312 | 8 |
| 13 | Mérignac (33) | 93 | 4 281 € | 100,0 % | 14 287 | 17 |
| 14 | Orléans (45) | 93 | 2 609 € | 97,7 % | 14 121 | 9 |
| 15 | Pessac (33) | 93 | 4 126 € | 100,0 % | 16 299 | 15 |
Toulouse, le plus gros parc exposé
Avec 42 602 maisons exposées aux argiles, Toulouse détient de loin le plus grand parc concerné du classement. La métropole cumule aussi le nombre record d'arrêtés de catastrophe naturelle sécheresse : 23, devant Bordeaux (22) et Mérignac (17). Le score de 95/100 place la ville rose sur la troisième marche pour l'exposition brute, malgré un prix au m² relativement contenu (3 814 €/m²).
Ce trio du Sud-Ouest (Toulouse, Bordeaux, Mérignac) illustre la vulnérabilité particulière des sols argileux du Bassin aquitain et du Toulousain, régulièrement soumis à des épisodes de sécheresse intense.
L'Île-de-France très présente
Sept communes franciliennes figurent dans le top 15. La Seine-Saint-Denis à elle seule place trois villes : Montreuil (97/100), Bondy (96/100) et Noisy-le-Grand (94/100). Le Val-de-Marne suit avec Fontenay-sous-Bois et Champigny-sur-Marne, toutes deux à 100 % de maisons sur sol argileux d'aléa moyen ou fort.
Le point saillant : dans ces communes, le prix au m² des maisons dépasse fréquemment les 4 500 €, et grimpe jusqu'à 7 494 €/m² à Fontenay-sous-Bois et 6 667 €/m² à Montreuil. Le patrimoine exposé y vaut mécaniquement plus cher qu'ailleurs.
Prix des maisons et exposition croisés
Le classement révèle des profils très contrastés. À exposition quasi identique, le prix des maisons varie du simple au quadruple. Albi (95/100, 2 051 €/m²) et Poitiers (95/100, 2 073 €/m²) affichent les prix les plus bas du top 15, alors que Fontenay-sous-Bois culmine à 7 494 €/m². Un même score de risque ne pèse donc pas du tout de la même manière sur la valeur du bâti.
Nice constitue un cas particulier : 94/100, 99,7 % des maisons exposées, mais seulement 6 arrêtés sécheresse, l'un des totaux les plus faibles du top. Le risque y tient davantage à la nature géologique des sols qu'à la répétition des épisodes secs.
Rappel de méthode : ce palmarès porte uniquement sur les communes de plus de 50 000 habitants. De nombreuses petites communes rurales présentent des niveaux d'exposition comparables, voire supérieurs, mais sortent du périmètre de cette étude.
Sources : BRGM 2019 et SDES 2021 pour l'exposition des maisons aux argiles, base GASPAR (Géorisques) pour les arrêtés de catastrophe naturelle sécheresse (épisodes 1988 à 2023), DVF pour les prix au m². Traitement Villes-en-France.
Méthodologie : ce classement porte sur le périmètre « France » et ne retient que les communes de plus de 50 000 habitants (ce seuil influence le classement : il écarte les très petites communes dont les chiffres seraient peu représentatifs). Données : BRGM 2019, SDES 2021, GASPAR (Géorisques).