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Risques de fissures : quels sont les départements les moins exposés ?

En France, tous les sols ne se valent pas face au retrait-gonflement des argiles. Voici les quinze départements où le risque de fissures pesant sur les maisons est le plus faible, chiffres à l'appui.

Illustration : Risques de fissures : quels sont les départements les moins exposés ?

Construire ou acheter une maison sur un sol stable, c'est écarter d'emblée l'une des pathologies les plus coûteuses du bâti individuel. Les argiles gonflent quand elles absorbent l'eau et se rétractent lors des sécheresses, ce qui fait travailler les fondations et provoque des fissures. Certains territoires y échappent largement, grâce à leurs reliefs montagneux, leurs sols cristallins (granit, schiste) ou leurs sables côtiers, peu sensibles à ces variations.

Pour classer les départements, Villes-en-France utilise un score sur 100 qui combine trois éléments : l'exposition des maisons aux argiles (60 points, sources BRGM 2019 et SDES 2021), l'ancienneté des maisons exposées (15 points) et le nombre d'arrêtés de catastrophe naturelle sécheresse (25 points, base GASPAR / Géorisques, épisodes 1988 à 2023). Plus le score est bas, moins le territoire est exposé.

Corse et Bretagne en tête

Le grand vainqueur est sans appel : la Corse-du-Sud affiche un score de 2/100, pratiquement le plancher possible. Ses 166 045 habitants vivent sur un socle granitique où l'argile ne joue quasiment aucun rôle. La Haute-Corse suit à 12/100, avec la même logique géologique.

Entre les deux, le Finistère décroche la médaille d'argent avec 6/100 pour ses 927 912 habitants. Le socle armoricain, fait de granit et de schiste, protège durablement le bâti breton. Les trois autres départements bretons complètent d'ailleurs le haut du tableau : Ille-et-Vilaine à 15/100, Côtes-d'Armor à 18/100 et Morbihan à 21/100. À l'échelle d'une région entière, c'est un fait rare.

Classement des départements les moins exposés au risque de fissures

RangDépartementScore /100Population
1Corse-du-Sud (2A)2166 045
2Finistère (29)6927 912
3Haute-Corse (2B)12185 231
4Ille-et-Vilaine (35)151 109 232
5Manche (50)18496 815
6Côtes-d'Armor (22)18609 598
7Mayenne (53)19305 437
8Lozère (48)2076 503
9Morbihan (56)21776 103
10Pyrénées-Orientales (66)23492 964
11Isère (38)251 291 380
12Paris (75)252 113 705
13Cantal (15)27144 399
14Loire (42)27772 041
15Seine-Maritime (76)291 260 205

Le grand Ouest, un havre pour le bâti

Au delà de la Bretagne, la Manche (18/100) et la Mayenne (19/100) prolongent ce couloir de faible exposition. Le Massif armoricain déborde largement de la seule péninsule bretonne et protège une bonne partie du Grand Ouest. Résultat : un habitant de Saint-Lô est statistiquement bien moins exposé au risque de fissures qu'un habitant de la vallée de la Garonne, où le score dépasse souvent 70/100.

La montagne, autre bouclier anti-fissures

Les départements de moyenne et haute montagne s'en sortent également très bien. La Lozère pointe à 20/100 pour ses 76 503 habitants, le Cantal à 27/100, l'Isère à 25/100. Les sols cristallins et volcaniques du Massif central et des Alpes contiennent peu d'argile gonflante. Les Pyrénées-Orientales (23/100) bénéficient d'un profil similaire, malgré un climat sec propice aux sécheresses.

Paris, une surprise à 25/100

Fait notable : Paris intra-muros affiche 25/100 avec ses 2 113 705 habitants. La capitale doit ce bon classement à un parc très majoritairement constitué d'immeubles collectifs anciens sur fondations profondes, et à une part quasi nulle de maisons individuelles exposées aux argiles superficielles. Le score y est dix fois supérieur à celui de la Corse-du-Sud, mais reste faible par rapport à la moyenne nationale.

Ce que disent les chiffres

Entre la Corse-du-Sud (2/100) et la Seine-Maritime (29/100), l'écart de score est déjà de 27 points à l'intérieur même du top 15. Autant dire que le risque de fissures dépend d'abord de la géologie, pas des frontières administratives. Un territoire peu exposé ne garantit évidemment aucune maison contre un défaut ponctuel, mais la probabilité d'un sinistre lié au retrait-gonflement y reste marginale.

Sources : BRGM (aléa retrait-gonflement des argiles, 2019), SDES (parc de logements, 2021), base GASPAR / Géorisques pour les arrêtés de catastrophe naturelle sécheresse sur la période 1988-2023. Population : INSEE.

Méthodologie : ce classement porte sur le périmètre « France ». Données : BRGM 2019, SDES 2021, GASPAR (Géorisques).

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