Quand on parle de logement en France, on évoque souvent la pénurie dans les grandes métropoles. Mais certaines communes moyennes affichent des taux de vacance si bas qu'ils frôlent le zéro absolu. En tête de ce classement, Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales) affiche 0,0 % de logements vacants pour près de 12 000 habitants. Un chiffre exceptionnel qui traduit un parc immobilier entièrement mobilisé, entre résidences principales et secondaires. L'étude porte uniquement sur les communes de plus de 10 000 habitants, un seuil qui écarte les petits villages littoraux ou de montagne où le phénomène serait encore plus marqué.
Trois communes phares sous 0,2 %
Le trio de tête est saisissant. Saint-Cyprien, station balnéaire du Roussillon, ferme la marche avec 0,0 % de vacance. Juste derrière, Apatou, commune guyanaise située sur le fleuve Maroni et peuplée d'un peu plus de 10 000 habitants, affiche 0,1 %. Même score pour Beausoleil, ville des Alpes-Maritimes limitrophe de Monaco, qui compte 12 430 habitants. Ces trois profils, très différents sur le plan géographique, ont un point commun : chaque mètre carré trouve preneur.

Classement des villes avec le moins de logements vacants en France
| Rang | Commune | Part de logements vacants | Population |
|---|---|---|---|
| 1 | Saint-Cyprien (66) | 0,0 % | 11 995 |
| 2 | Apatou (973) | 0,1 % | 10 059 |
| 3 | Beausoleil (06) | 0,1 % | 12 430 |
| 4 | La Londe-les-Maures (83) | 0,4 % | 11 010 |
| 5 | Sucy-en-Brie (94) | 0,4 % | 27 593 |
| 6 | Canet-en-Roussillon (66) | 1,0 % | 13 005 |
| 7 | Colomiers (31) | 1,1 % | 40 916 |
| 8 | Bastia (2B) | 1,2 % | 47 459 |
| 9 | Arcachon (33) | 1,4 % | 10 895 |
| 10 | Le Plessis-Trévise (94) | 1,7 % | 21 096 |
| 11 | Argelès-sur-Mer (66) | 1,7 % | 10 779 |
| 12 | Thouaré-sur-Loire (44) | 1,9 % | 10 956 |
| 13 | Saint-Cyr-sur-Mer (83) | 2,0 % | 11 668 |
| 14 | Agde (34) | 2,1 % | 29 612 |
| 15 | Saint-Pierre-du-Perray (91) | 2,1 % | 12 071 |
Le littoral méditerranéen surreprésenté
Impossible de ne pas voir la couleur dominante du classement : la Méditerranée. Sur les quinze villes, sept se trouvent en bord de mer ou en zone littorale du sud, dont trois dans les Pyrénées-Orientales. Canet-en-Roussillon (1,0 %, 13 005 habitants) et Argelès-sur-Mer (1,7 %, 10 779 habitants) rejoignent Saint-Cyprien dans le trio départemental. Le Var complète le tableau avec La Londe-les-Maures (0,4 %) et Saint-Cyr-sur-Mer (2,0 %). Dans ces communes touristiques, une grande partie du parc est occupée par des résidences secondaires, ce qui réduit mécaniquement la vacance.
Des écarts du simple au double
L'amplitude du classement mérite attention. Entre les 0,0 % de Saint-Cyprien et les 2,1 % d'Agde ou de Saint-Pierre-du-Perray, l'écart dépasse déjà largement le rapport du simple au double par rapport à Beausoleil (0,1 %). Autre comparaison parlante : Bastia, préfecture de Haute-Corse et plus grande ville du classement avec ses 47 459 habitants, affiche 1,2 %, soit douze fois plus qu'Apatou malgré un contexte urbain incomparable.
Des profils urbains variés
Le classement ne se résume pas au tourisme balnéaire. Colomiers, deuxième commune de Haute-Garonne avec 40 916 habitants, se place au 7e rang avec 1,1 %. Située dans l'aire urbaine toulousaine, elle bénéficie d'une forte demande liée à l'emploi aéronautique. En Île-de-France, Sucy-en-Brie (Val-de-Marne, 27 593 habitants) atteint 0,4 %, et Le Plessis-Trévise se maintient à 1,7 %. À l'ouest, Thouaré-sur-Loire, commune de la métropole nantaise, ferme le milieu du classement avec 1,9 %. Et sur le Bassin d'Arcachon, Arcachon (10 895 habitants) enregistre 1,4 %, un niveau très bas pour une commune où le parc est largement dominé par les résidences secondaires.
Ce que révèle un taux si bas
Un taux de vacance proche de zéro n'est pas neutre. Il signale souvent un marché sous tension, où trouver un logement à louer ou à acheter demande du temps. Il peut aussi refléter un parc largement occupé en résidence secondaire, comme sur le littoral. Rappelons que ce palmarès ne concerne que les communes de plus de 10 000 habitants, un seuil qui exclut de nombreux villages où le phénomène serait plus marqué encore.
Source : données INSEE sur le parc de logements des communes françaises, dernier recensement disponible.
Méthodologie : ce classement porte sur le périmètre « France » et ne retient que les communes de plus de 10 000 habitants (ce seuil influence le classement : il écarte les très petites communes dont les chiffres seraient peu représentatifs). Données : INSEE.