Les argiles gonflent lorsqu'elles s'imbibent d'eau et se rétractent lors des sécheresses, ce qui fait travailler les fondations des maisons et peut provoquer des fissures. Toutes les régions ne sont pas logées à la même enseigne : entre la Provence-Alpes-Côte d'Azur et la Corse, l'écart d'exposition dépasse 88 points.
Argiles : PACA très largement en tête
La région Provence-Alpes-Côte d'Azur concentre le plus fort niveau d'exposition de France : 89,7 % des maisons y reposent sur un sol argileux d'aléa moyen ou fort, soit près de neuf logements individuels sur dix. Avec plus de 5,1 millions d'habitants, c'est un territoire où le risque de fissures liées au retrait-gonflement concerne une part écrasante du parc pavillonnaire.
Juste derrière, le Centre-Val de Loire affiche 84,4 %, et l'Île-de-France 83,7 %. Cette dernière, avec ses 12,4 millions d'habitants, est de loin la région la plus peuplée du top 3 : la question des sols argileux y touche donc un volume de logements colossal, particulièrement dans le pavillonnaire de la petite et grande couronne.
Classement des régions par part de maisons sur sol argileux (aléa moyen ou fort)
| Rang | Région | Part des maisons exposées | Population |
|---|---|---|---|
| 1 | Provence-Alpes-Côte d'Azur | 89,7 % | 5 164 699 |
| 2 | Centre-Val de Loire | 84,4 % | 2 581 597 |
| 3 | Île-de-France | 83,7 % | 12 380 964 |
| 4 | Occitanie | 79,2 % | 6 080 605 |
| 5 | Bourgogne-Franche-Comté | 66,5 % | 2 803 977 |
| 6 | Nouvelle-Aquitaine | 61,0 % | 6 113 384 |
| 7 | Grand Est | 48,2 % | 5 560 079 |
| 8 | Hauts-de-France | 46,4 % | 5 997 490 |
| 9 | Pays de la Loire | 41,4 % | 3 879 216 |
| 10 | Auvergne-Rhône-Alpes | 33,0 % | 8 163 884 |
| 11 | Normandie | 25,7 % | 3 339 074 |
| 12 | Bretagne | 4,7 % | 3 422 845 |
| 13 | Corse | 1,6 % | 351 276 |
Un ventre mou d'argiles au centre du pays
Le milieu du classement raconte une France coupée en deux. L'Occitanie reste très exposée avec 79,2 % des maisons concernées, presque au niveau de l'Île-de-France. La Bourgogne-Franche-Comté (66,5 %) et la Nouvelle-Aquitaine (61,0 %) restent au-dessus de la barre des 60 %.
Le Grand Est (48,2 %) et les Hauts-de-France (46,4 %) basculent sous la moitié, avec un niveau d'exposition proche. Les Pays de la Loire suivent à 41,4 %.
Argiles : l'Ouest et la Corse épargnés
La bascule se joue avec Auvergne-Rhône-Alpes, à 33,0 %, et surtout la Normandie (25,7 %), déjà nettement moins exposées que la moyenne nationale. Mais c'est à l'ouest et sur l'île de Beauté que le risque s'effondre.
La Bretagne tombe à 4,7 %, un chiffre qui s'explique par la géologie du massif armoricain, dominée par des roches cristallines plutôt que par des argiles. La Corse ferme la marche avec seulement 1,6 % des maisons sur sol argileux d'aléa moyen ou fort.
Un écart de 1 à 56 entre PACA et la Corse
Le grand écart du classement est spectaculaire. Entre PACA (89,7 %) et la Corse (1,6 %), le rapport est de près de 56 pour 1. Autrement dit, une maison individuelle prise au hasard en Provence-Alpes-Côte d'Azur a une probabilité extrêmement élevée de reposer sur un sol argileux exposé, quand une maison corse est dans le cas inverse.
La comparaison entre voisines est parfois plus parlante encore : les Pays de la Loire (41,4 %) sont près de neuf fois plus exposés que la Bretagne pourtant limitrophe. Attention toutefois : un territoire exposé ne signifie pas que chaque maison sera fissurée. Le risque dépend aussi de l'ancienneté du bâti, du type de fondations et de la répétition des épisodes de sécheresse, qui déclenchent les arrêtés de catastrophe naturelle.
Sources : cartographie de l'aléa retrait-gonflement des argiles du BRGM (2019), données SDES sur le parc de maisons individuelles (2021), et base GASPAR / Géorisques pour les arrêtés sécheresse (épisodes 1988 à 2023).
Méthodologie : ce classement porte sur le périmètre « France ». Données : BRGM 2019, SDES 2021.