La question de l'accès aux soins est devenue centrale en France. Derrière le mot très médiatisé de désert médical, il y a une réalité statistique simple : le nombre de médecins généralistes rapporté à la population. Et selon les villes, le contraste est saisissant.
Pour donner un ordre d'idée, la moyenne nationale tourne autour de 1,5 médecin généraliste pour 1000 habitants. Certaines communes dépassent largement ce seuil, d'autres peinent à l'atteindre. Voici ce que disent les chiffres pour quinze grandes villes françaises.
Arles en tête, et de loin
La palme revient à Arles, qui affiche 2,05 médecins généralistes pour 1000 habitants sur ses 51 156 habitants. C'est une densité particulièrement élevée, près de deux fois supérieure à ce que connaissent certaines zones rurales françaises. La commune des Bouches-du-Rhône devance nettement le reste du classement.
Derrière, Vannes tire son épingle du jeu avec 1,86 médecin pour 1000 habitants (54 955 habitants). La préfecture du Morbihan confirme une tendance observée sur le littoral atlantique : une offre de soins plutôt dense dans les villes moyennes attractives.
Le podium est complété par Bayonne et son ratio de 1,74 (53 312 habitants), juste devant La Rochelle à 1,73 sur près de 80 000 habitants. Quatre villes moyennes du littoral, donc, en haut de l'affiche.
Le classement complet
| # | Commune | Médecins généralistes (pour 1000 hab) |
|---|---|---|
| 1 | Arles (13) | 2,05 /1000 hab |
| 2 | Vannes (56) | 1,86 /1000 hab |
| 3 | Bayonne (64) | 1,74 /1000 hab |
| 4 | La Rochelle (17) | 1,73 /1000 hab |
| 5 | La Seyne-sur-Mer (83) | 1,72 /1000 hab |
| 6 | Bordeaux (33) | 1,66 /1000 hab |
| 7 | Cagnes-sur-Mer (06) | 1,65 /1000 hab |
| 8 | Cannes (06) | 1,55 /1000 hab |
| 9 | Strasbourg (67) | 1,55 /1000 hab |
| 10 | Chelles (77) | 1,54 /1000 hab |
| 11 | Antibes (06) | 1,53 /1000 hab |
| 12 | Caen (14) | 1,52 /1000 hab |
| 13 | Nice (06) | 1,51 /1000 hab |
| 14 | Aix-en-Provence (13) | 1,49 /1000 hab |
| 15 | Villeneuve-d'Ascq (59) | 1,48 /1000 hab |
Les grandes villes dans la moyenne
Les métropoles affichent des chiffres plus modestes mais qui restent dans la moyenne haute nationale. Bordeaux et ses 265 328 habitants comptent 1,66 médecin pour 1000 habitants, ce qui reste honorable pour une métropole de cette taille. Strasbourg (291 709 habitants) atteint 1,55, soit le même niveau que Cannes mais sur une population presque quatre fois plus grande.
Quant à Nice, qui est la cinquième ville de France avec ses 353 701 habitants, son ratio s'établit à 1,51 généraliste pour 1000 habitants. Un chiffre qui peut paraître modeste vu de l'extérieur, mais qui s'explique aussi par l'effet de masse : il faut beaucoup de médecins pour faire bouger une moyenne sur autant d'habitants.
L'effet Côte d'Azur
La densité de la Côte d'Azur dans le classement est frappante. Quatre communes des Alpes-Maritimes figurent dans le top 15 : Cagnes-sur-Mer (1,65), Cannes (1,55), Antibes (1,53) et Nice (1,51). Le sud-est concentre plus largement plusieurs villes du tableau, avec aussi La Seyne-sur-Mer à 1,72 et Aix-en-Provence à 1,49.
L'explication tient en partie à la démographie : la population y est en moyenne plus âgée que la moyenne nationale, ce qui génère une demande de soins plus forte, mais aussi une attractivité réelle pour les praticiens.
Le bas du classement : des écarts limités
Ce qui frappe en parcourant le tableau, ce sont les écarts plutôt resserrés entre la 6e et la 15e place. De Bordeaux (1,66) à Villeneuve-d'Ascq (1,48), tout se joue dans une fourchette de moins de 0,2 médecin pour 1000 habitants. Chelles, en Seine-et-Marne, ferme la marche francilienne du tableau avec 1,54.
L'écart entre la première et la dernière ville du classement reste, lui, considérable : Arles compte près de 40 % de médecins généralistes en plus par habitant que Villeneuve-d'Ascq. À l'échelle d'un patient cherchant un médecin traitant, la différence n'est pas anecdotique.
Ce que cache le ratio
Un ratio favorable ne dit pas tout. Une ville peut afficher un bon score tout en ayant des médecins qui ne prennent plus de nouveaux patients, des délais de rendez-vous longs ou une démographie médicale vieillissante. Inversement, des communes au ratio plus modeste peuvent avoir une bonne organisation des soins, des maisons de santé ou un accès facile aux urgences hospitalières.
Le chiffre reste cependant un indicateur solide pour qui veut s'installer ou comparer des territoires. Et il rappelle une réalité : même dans les villes du haut du classement, on est loin des ratios à 3 ou 4 médecins pour 1000 habitants observés dans certains pays voisins.
Sources : données INSEE et répertoire ADELI des professionnels de santé, traitement Villes-en-France.